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Bonjour/bonsoir à tous,

Un nouvel article est maintenant disponible. Vous pouvez le lire via l'accueil de la rubrique Tranche de ma vie, à gauche. Le Pays des souris est un article qui représente très bien ma vision de la politique. Tant canadienne que québécoise. Il s'agit d'un discours prononcé par Thomas Douglas, en 1944. Oui, cela date, mais c'est fou comme cela est encore d'actualité aujourd'hui. Petit clin d'oeil à François Legault et les troupes de Pauline Marois ? Pourquoi pas...

En attendant de nouveaux articles, ajoutez-moi à Twitter @StephProvost ou encore via Facebook pour être au courant des futures publications d'articles !

Steph =)

 

« C'est l'histoire d'un lieu nommé le «Pays des souris». Le Pays des souris était un lieu où vivaient et jouaient tous les petits rats. Où ils naissaient et mourraient. Ils vivaient de la même manière que vous et moi. Ils avaient même un parlement. Et tous les quatre ans, il y avait une élection. Ils se rendaient aux urnes et votaient. Certains se faisaient même conduire en charriot. Un avantage qu'ils n'obtenaient que tous les quatre ans, pour être exact. Comme vous et moi. Et à chaque élection, tous les petits rats prirent l'habitude d'aller aux urnes et d'élire un gouvernement. Un gouvernement constitué d'énormes et gros chats noirs.

Maintenant, si vous pensez que cela est étrange, que les rats élisent un gouvernement de chats, observez l'histoire du Canada durant les quatre-vingt-dix dernières années, et vous verrez qu'ils ne sont pas plus stupides que nous. Je n'ai rien contre les chats noirs. Ils étaient de bons compagnons et ils conduisaient leurs gouvernements avec dignité. Ils promulguaient de bonnes lois. C'est à dire... des lois qui étaient bonnes pour les chats, mais ces lois qui étaient bonnes pour les chats ne l'étaient pas pour les rats.

Une de ces lois disait que l'entrée de la souricière devait être suffisamment grande pour qu'un chat puisse mettre sa patte à l'intérieur. Une autre loi disait que les rats ne pouvaient se mouvoir qu'à certaines vitesses afin que les chats trouvent à manger sans trop d'effort physique. Toutes ces lois étaient bonnes pour les chats, mais elles étaient bien dures pour les rats. Et lorsque les rats les trouvèrent de plus en plus difficiles, quand les rats ne purent plus les supporter, ils décidèrent qu'il y avait quelque chose à faire.

Alors ils se rendirent en masse aux urnes. Ils votèrent contre les chats noirs et élurent... des chats blancs. Les chats blancs firent une campagne géniale. Ils dirent : «le Pays des souris a besoin de plus d'avenir». Ils dirent : «le problème avec le Pays des souris, ce sont les entrées rondes de la souricière. Si vous nous élisez, nous créerons des entrées carrées». Et ils le firent. Et les entrées carrées furent deux fois plus grandes que les rondes. Et ainsi les chats purent y mettre les deux pattes. Et la vie devint plus dure que jamais. Et quand ils ne purent supporter davantage, ils votèrent contre les chats blancs et ils élurent de nouveau les chats noirs... Pour plus tard revenir aux chats blancs, et de là, à nouveau, les noirs.

Ils essayèrent même avec des chats moitié blanc, moitié noir et ils appelèrent cela : «coalition». Ils essayèrent même un gouvernement composé de chats tachetés. C'était des chats qui essayaient de parler comme des rats, mais qui mangeaient comme des chats. Vous voyez mes amis, le problème n'était pas la couleur des chats. Le problème, c'est qu'ils étaient des chats. Et comme ils étaient des chats, naturellement, ils avaient des intérêts de chats, et non de rats.

Puis, arriva de très loin un petit rat qui avait une idée. Mes amis, soyez attentifs à un humble compagnon qui a une idée. Il dit aux autres rats : «regardez compagnons, pourquoi continuons-nous à élire un gouvernement constitué de chats ? Pourquoi n'élisons-nous pas un gouvernement... constitué de rats ?». «Oh !», dirent-ils, «c'est un communiste !». Alors ils le mirent en prison.

Mais j'aimerais vous rappeler mes amis que vous pouvez enfermer un rat ou un homme, mais vous ne pouvez enfermer une idée ! »


[Thomas Clement Douglas, 1904-1986]

Tags associés : pays, souris

J'kaz !
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Vendredi 09 Mars 2012Poster un commentaire

 

« En tout cas, t’as changé. Je ne te reconnais plus ! »

Ça prend beaucoup de culot pour regarder une personne en face et lui dire qu’elle a changée, alors qu’en réalité, personne ne change. C’est ce qui m’est arrivé récemment sur le joyeux monde de l’Internet alors qu’une personne qui ne m’a vraisemblablement jamais parlé est venu me lancer à la figure cette réplique vide, sans fond et surtout sans crédibilité. Je dois être d’une personnalité très susceptible parce que personnellement, ça m’a insulté de me faire dire cela. J’ai changé ? Ah bon, comment cela, j’ai changé ? Je te pose personnellement la question.

En quoi puis-je bien avoir changé ? Parce qu’aujourd’hui, je me fiche pas mal de tout ce qui peut arriver aux gens normaux ? Parce qu’aujourd’hui, j’affiche davantage mes couleurs de xénophobe, misanthrope et marginal ? Parce qu’aujourd’hui, j’affiche clairement mes intentions face à toi ? Et face à tout le monde, d’ailleurs ? Enlève-toi cette idée de la tête : je n’ai pas changé. Et je ne changerai jamais. Je n’ai pas évolué non plus. Non. J’ai ouvert mes yeux, et je suis enfin sorti de ma prison. Celle dans laquelle tu m’as personnellement mise, les bourreaux de mon enfance et toi.

De quel droit te permets-tu de venir me voir aujourd’hui et de me balancer une absurdité comme celle-ci ? Qui es-tu pour moi ? Comment peux-tu prétendre que j’ai changé, alors que tout ce qui t’intéressait jadis, c’était de me persécuter avec tes amis, parce que c’était cool de frapper sur le petit gars solitaire et silencieux ? Me connais-tu, dis-moi ? Est-ce que tu connais ma couleur favorite ? Est-ce tu connais la personne qui m‘est la plus chère ? Sais-tu un seul instant ce que j’ai pu vivre dans mon enfance ? Bien sûr que non. Tout ce qui t’intéressait, c’était d’augmenter ta cote de popularité sur mon dos et mes épaules. Ces mêmes épaules qui en ont si lourd sur le cœur que rien ni personne ne pourra les libérer avant que je passe de l’autre bord.

Je suis insulté. Insulté d’avoir été durant des années le souffre douleurs de gens qui ne valaient même pas la peine de laisser tomber quelques larmes. Je suis insulté d’avoir été ce que je suis à tes yeux, tout cela parce que je me fermais la gueule, et que je suivais mon chemin la tête baissée. Je déteste les yeux. Je déteste les yeux parce que le regard dit tout, et que le miens en a trop long à dire. Je ne veux pas que mon regard soit le livre ouvert de tout un ramassis de souffrances maintenant cachées au loin. Alors je fuis les yeux. Tu le savais, ça ? Bien sûr que non… Je ne sais pas si tu es consciente de tout le mal que ça peut apporter, sur un enfant déjà démoli. Bien sûr que non, ça, tu t’en fous un peu, est-ce que je me trompe ?

Je n’ai pas changé. Je considère qu’aujourd’hui, j’ai décidé de marcher la tête haute et d’afficher mes couleurs. Que ça plaise ou non, je suis fier de qui je suis, et je ne… changerai pas. D’ailleurs, pendant que j’y pense, si tu n’es pas heureuse, reprends ton chemin et ne viens plus m’indisposer de ta présence peu agréable. J’ai vécu des années sans toi, et je ne m’en sors pas si mal.

Tags associés : Changer

J'kaz !
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Vendredi 09 Mars 2012Poster un commentaire

Aliss. C’était le nom de ma colombe. En entrant dans ma chambre, un jour, je l’ai aperçu au fond de sa cage. Elle ne bougeait pas. Elle était raide, raide comme la vie. Quelle ironie. Elle est morte. Pardonnez-moi, la tristesse me rend désagréable. Chaque fois, c’est la même chose. La vie m’enlève toujours ce que j’ai de plus précieux. Ce qui me permettait de m’envoler vers des lieux meilleurs quand ça n’allait pas. Je volais pour Aliss. Parce que si elle était ma raison de vivre, j’étais celui qui l’empêchait de partir. Je sais que cela semble étrange, mais je crois fermement aux champs magnétiques entre deux êtres.

Grâce à Aliss, chaque fois que je laissais le désespoir me posséder, je pouvais facilement m’en libérer. Comme un vainqueur. Comme un oiseau. Chaque fois que, larme à l’œil, de mauvaises pensées traversaient mon esprit, que des personnes venaient brimer mon confort, que des malhonnêtes voulaient me chasser des endroits où je nichais, chaque fois qu’on me faisait sentir comme le pire être sur terre… Aliss déployait ses ailes, et roucoulait. Si on fixait son regard, on avait l’impression qu’elle nous faisait un clin d’œil. J’avais cette impression. C’était comme si, lorsqu’elle se déployait de tout son roucoulement, elle me disait : « Stéphane, envole-toi pour moi. Plane sous les cieux et admire la magnifique vue. Cette magnifique vue que lus jamais tu ne verras, si tu passes à l’acte. »

Aujourd’hui, ma colombe est morte. Et chaque fois que je ne me sens pas bien, je vais dans ma chambre, dans l’espoir de la voir. Dans l’espoir qu’elle me roucoule le secret de la vie. Celui qui me permettra d’avancer sans regarder en arrière. Sans regarder dans le jardin du voisin, en m’apitoyant sur mon sort. J’ai beau aller dans ma chambre, elle n’y est pas. Pas de bruit, pas d’ailes. Pas d’Aliss. Il n’y a plus de colombe dans ma chambre pour me rappeler tous les beaux moments vécus… et ceux qui sont encore à découvrir. Ma colombe n’est plus là pour me protéger. Je ne peux plus m’envoler. Je n’ai plus d’ailes. Je n’ai plus de liberté, plus de joie à penser à la vie de demain. Je n’ai jamais eu la force de vivre de mes propres souffles. C’est un fait, je ne cherche même plus à le nier.

Demain, le soleil se lèvera, et ma noirceur se poursuivra. Demain, le soleil réchauffera vos cœurs, et tentera tant bien que mal de me rappeler que les colombes ne sont pas uniques. Que je peux trouver ma propre colombe dans ce qui me rend fort. Le soleil ne m’écoute pas. Je lui dis sans cesse… Soleil ! Je ne sais point ce qui me rend fort. S’il te plaît, aide-moi. Il ne veut rien entendre… Toujours à me répéter que je dois trouver moi-même ce qui me rend fort. Ce qui m’aide à traverser chaque jour où la noirceur se pointe, malgré le soleil omniprésent. Comme si j’étais en mesure de… Attendez, un instant… Ce qui m’aide à traverser, s’entête-t-il à me répondre ?

...

Oh, seigneur. Je suis désolé pour cet article, vraiment. Je passé mon temps à effacer, puis réécrire, puis effacer à nouveau sans jamais trouver les bons mots. Les bonnes phrases. Je ne voulais pas fermer la page, et oublier une idée perdue dans la brume. Je ne sais pas où je voulais en venir, avec ces mots. Je ne sais même pas si j’aurais dû publier ceci, mais je crois que ça m’a grandement libéré de le faire. Si vous aussi, par un triste jour, vous avez perdu votre colombe, dites-vous que sa présence charnelle n’est pas nécessaire pour vous envoler. Seule la présence dans vos esprits est importante afin de vous libérer. Dites-vous que le soleil ne chassera jamais la noirceur de votre cœur. Il n’en a pas le pouvoir. Cette mission n’appartient qu’à vous.

Tags associés : colombe, echouee

J'kaz !
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Vendredi 13 Janvier 2012Poster un commentaire

 

Il n’y a pas très longtemps, je visitais mon fil d’actualités sur ma page Facebook. Un statut, en particulier, a retenu mon attention. Dans le contexte, cette personne s’est imposée émotivement pour défendre ses écrits et sa crédibilité. Cette même personne qui, à un moment de notre vie, m’a reproché d’avoir moi-même défendu à haute voix mes écrits et pensées. La rancune n’étant pas dans mon jardin, je passerai ce léger détail et seconderai son indignation. Indignation ? Oui, osons utiliser ce terme, même si nous ne manifestions pas à Occupy Wall Street ! L’indignation n’est pas un terme réservé. L’indignation, c’est être face à quelque chose d’injuste. Et nos écrits sont souvent injustement critiqués. Démolis. Décrédibilisés.

Tout comme elle (appelons-la Chantale, pour les besoins de la cause), j’ai souvent été comparé à une personne amer, sans cœur. Tout simplement parce que mes pensées, mes paroles ou mes écrits sont marginalement à l’opposé de la pensée collective. Tout simplement parce que ma marginalité est incompatible avec l’idée sociétaire de ressembler à tout le monde et de penser exactement comme certains voudraient qu’on le fasse. Ma marginalité m’a fermé bien des portes. M’a détruit bien des amitiés. Le regretter serait inutile. Une perte de temps énorme. Je ne passerai pas ma vie à regretter des personnes qui ne comprennent pas que, tout comme Chantale, mes écrits forment un exutoire où il m’est impératif de faire un passage lorsque je ne vais pas bien. Autrefois, j’avais des amis pour m’évader. Aujourd’hui, tous ont fuis. Il ne me reste que ces mots. Ces tristes mots qui continuent encore aujourd’hui à pourrir mon existence. Au moins, essaient-ils.

« […] J’aime écrire, j’aime les mots et surtout, je respecte le pouvoir apaisant qu’ils peuvent avoir sur mon esprit […] », écrivait-elle.

Chantale n’est pas toujours concise. Quelques fois, elle s’exprime mal, et certaines paroles peuvent porter à confusion. Pour Chantale, peu importe ce qu’elle écrira, l’effet bénéfique de ses mots est tout ce qui compte. Elle écrit pour elle. Pour elle seule. Bien sûr, rien ne vous empêchera de la lire. Chantale ouvre ses écrits à tout le monde, mais ferme son esprit et son cœur lorsque les critiques sont vides, méchantes et sans but. Chantale s’évade, elle ne tient pas à divertir un public. Chantale s’enfuie de son mal de vivre, elle ne donne pas un spectacle. Chantale s’analyse par ses écrits, tout simplement. Comme moi.

Comme tous les plus grands poètes et auteurs de ce monde, elle se défoule dans des mots qui, au-delà de toute pensée philosophique, n’aura pas de grandes conséquences sur le bonheur des autres. Oui, tout est relatif, mais n’oublions pas que Chantale écrit avant tout pour elle. Si certains sont prêts à lire, ils sont également prêts à accepter que les mots sont ce qu’ils sont. Et qu’ils ne sont pas là pour blesser quiconque, mais bien pour se sentir mieux. Mieux avec soi-même.

Comme moi, Chantale ne porte plus d’intérêt aux qu’en-dira-t-on.  Que ce soit la famille ou les amis, cela n’a que très peu d’importance. Nous écrivons pour nous. Nous seuls. Et nous laissons à disposition des gens nos textes pour que, si un jour un être se reconnaît dans l’un d’eux et que sa vie en soit favorablement changée, eh bien, nous aurons à notre façon changé le monde.

Comme je lui ai dit, nos écrits peuvent choquer. Ils peuvent scandaliser certaines classes de personnes… Si c’est le cas, c’est qu’une réflexion s’impose sur notre perception de la vie et des gens qui ont une vision autre que la nôtre. Nous, en écrivant, notre réflexion est déjà faite…

Tags associés : mots

J'kaz !
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Jeudi 29 Décembre 20113 commentaire(s)

Quand on passe sa vie dans un milieu relativement pauvre, où notre premier –et seul– MP3 remonte au troisième secondaire, nous n’avons pas le choix de se poser les vraies questions. Par exemple, qu’est-ce que le bonheur ? Ah, le bonheur. J’imagine déjà cette femme m’énumérer ses trois téléviseurs plats, ses deux-trois consoles de jeux vidéo, ces quatre ordinateurs, sa nouvelle voiture… Je l’imagine me répéter maintes et maintes fois le nom de son dernier CD, acheté lors d’un majestueux voyage en Europe. Oui, je l’imagine.

Je ne fais que l’imaginer, cependant. Parce que moi, je ne connais pas. Pendant que mes amis avec des iPod, moi j’obtenais mon premier ordinateur. Avec une tour couchée, sous le gros écran à moitié handicapé à cause des aimants que mon petit frère a passé dessus. Sacré petit frère. On l’aime pareil. Moi, ce bonheur matériel-là, je ne le connais pas. Parce que je n’ai jamais eu les moyens de vivre ainsi. Ma mère était beaucoup trop sans moyen pour m’offrir la vie rêvée de tous les petits gamins d’aujourd’hui. Et mon père… Mon père a une philosophie que j’admire. Il a des millions de défauts, mais il me dit souvent que nous n’avons rien pour rien. Dans la vie, il a travaillé pour avoir ce qu’il a aujourd’hui. Il espère la même chose pour moi. Il veut forger mon expérience. Mon père ne me donne rien. Je dois le gagner. Le mériter. Et je louange cette façon de faire. Est-ce facile ? Pas toujours, mais c’est ainsi que je veux élever mes enfants, moi aussi.

Mon bonheur à moi, je dois le puiser autrement. Et surtout ailleurs. Parce que je n’ai pas de iPod. J’ai encore ce bon vieux MP3. Le même qu’à mes quinze ans. C’est fou, mais j’y tiens. Ç’a a été le premier vrai cadeau que j’ai eu. Quand on vit dans ce genre de situation, vous en conviendrez, le bonheur, il est un peu facultatif. Le bonheur matériel, en tout cas.

Aujourd’hui, j’ai passé à une autre étape de ma vie. Aujourd’hui, je suis heureux. Pas parce que j’ai encore ce bon vieux MP3, mais parce que j’ai découvert mes nouveaux moments de bonheur. Je les connaissais autrefois, je dois vous l’admettre, mais je n’y avais jamais réellement réfléchi. Ce soir, mon père et moi avons terminé son salon. Deux beaux murs en bois. En cèdre. Comme à chaque fois qu’il doit faire des travaux, je l’aide. C’est peut-être anodin pour vous, mais ça me donne de l’expérience. De l’expérience en rénovation. Les jeunes d’aujourd’hui, ils ne savent se servir de leurs mains que sur la technologie. Mon père à moi, il m’apprend à me servir de mes mains pour quelque chose d’utile. Il m’apprend ce qu’il fait. Ce que son père faisait. Ce que son grand-père faisait. Mes ancêtres, comme les vôtres, bâtissaient leur propre maison. Leur grange. Ils s’arrangeaient tout seul pour s’occuper de leurs champs.

Mon petit bonheur, c’est de pouvoir bénéficier de cette expérience. C’est de savoir quoi faire de mes dix doigts. De mes deux mains. Quand je serai vieux, je pourrai tout faire dans ma maison. Parce que mon père, papa, m’aura tout apprit. Il est comme ça, mon père. Travaille, apprend et réalise. Mon père, malgré ses défauts, il a les valeurs à la bonne place. En tout cas, concernant son fils. Je crois, sans prétention, qu’il est fier de son fils. Qu’il est fier de moi. Il ne me le dit pas souvent, mais je sais lire entre les lignes. Chaque fois qu’il m’appelle «mon fils», je sais qu’il est fier de pouvoir le dire. De pouvoir m’appeler ainsi. Comme quand je l’appelle «mon père». J’ai un père. Juste un. Et je ne l’échangerais pas pour rien au monde. C’est ça, mon petit bonheur. Avoir la chance d’avoir mon père. Mon père qui m’apprend à être un meilleur homme.

Mon père veut être fier de moi. Il l’est. Il me le dit parfois. La première fois qu’il me l’a dit, c’était après être venu voir ma première pièce de théâtre. Il était censé venir que pour ma partie. Mais je l’ai subjugué. Cette soirée-là, il a voulu voir la pièce en entier. Parce qu’il était fier. Et ça paraissait.

Mon père est fier de moi. Chaque fois qu’il m’apprend quelque chose sur la vie, et que je l’écoute, je le vois dans ses yeux. Mon petit bonheur de la vie, c’est de rendre fier mon père. Celui qui a toujours cru en moi. Et qui ne cessera jamais. Mon petit bonheur de la vie, c’est d’être un fils aimé. Dans les jours ensoleillés comme dans les jours pluvieux.

Mon petit bonheur de la vie, c’est de tenter jour après jour de rendre mon père encore plus fier que moi. Et, tu sais quoi, papa ? T’as encore rien vu.

J'kaz !
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Vendredi 02 Décembre 2011Poster un commentaire